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Parcours paysan

Activité : Élevage de bovins

Verfeil

Paysan : Éric Catala

Date de création : 1993

Salarié : 0

Perchée sur des hauteurs, avec une vue imprenable, la ferme est constituée de jolis bâtiments anciens. Ses parents n’étaient pas paysans, ses grands-parents l’étaient. En 1991, E. Catala reprend la ferme de sa grand-mère, tout en exerçant son premier métier de gérant de société. À l’époque, il y avait 4 vaches et 10 hectares de terre dont sa grand-mère s’occupait, et à qui il apportait son aide.

Passionné par les activités sportives de montagne, E. Catala a eu une autre vie professionnelle avant de devenir paysan. Il a monté à Saint-Antonin la première société proposant des activités de kayak, d’escalade et de spéléologie. Il a été le premier loueur de canoës pour la descente des gorges de l’Aveyron, le tout couplé avec une activité de bar-restauration.

Il a mené de front pendant un temps la gérance de sa société avec  l’activité agricole qu’il considérait alors plus comme son hobby.

C’est en 2003 qu’il revend sa société et qu’il achète 20 hectares de terre supplémentaires, augmente son cheptel et devient paysan à plein temps. Il cultive le foin et les céréales qui alimentent ses vaches, élève ses bêtes et vend la viande en direct à des particuliers. Il produit également du jus de pommes, de l’huile de tournesol, revend du foin et de la luzerne à d’autres paysans, du blé pour faire du pain, et enfin du méteil, un mélange de plusieurs céréales servant à l’engraissement, à des éleveurs de cochons ou de chèvres.

Titulaire d’un BTS agricole obtenu dans sa jeunesse, il déclare avoir mis 10 ans à désapprendre les méthodes qui lui avaient été enseignées. Il a testé des méthodes différentes et « est parti d’un modèle tout simple ». Peu de travail du sol, le moins possible, dit-il, on n’achète rien, on ne fait que vendre ce qu’on produit suite au travail de la photosynthèse. Il n’achète pas de céréales semences et ressème les graines produites, n’utilise aucun intrant ni produit phytosanitaire d’origine chimique. En ce qui concerne le matériel, les méthodes de culture choisies ne nécessitent pas de gros investissements. E. Catala est vice-président  d’une CUMA, une coopérative d’utilisation du matériel agricole, un regroupement qui permet d’acheter et d’utiliser les matériels collectivement. Lorsque j’arrive sur la ferme, E. Catala est en train de trier du grain sur une machine centenaire. La vieille chose qui a montré son efficacité  et arrive en fin de vie va être remplacée très prochainement par une nouvelle machine importée de Turquie, fonctionnant sur le même principe. C’est une des machines dont l’utilisation est partagée par les adhérents de la CUMA.

Et qu’en est-il de la vente directe ? E. Catala fait abattre 2 veaux tous les deux mois, et 2 bœufs par an. Il faut être particulièrement organisé pour distribuer du jour au lendemain 400 kg de viande. E. Catala a deux zones de chalandise : Bordeaux et Toulouse, réseaux de clients liés aux origines familiales et constitués avec les amis et le bouche à oreille. E. Catala découpe et conditionne la viande avec un boucher et dispose d’une chambre froide achetée en collectif pour conserver et distribuer la viande dans des points de livraison.

L’activité d’élevage est très présente dans l’est du Pays Midi-Quercy en raison du relief accidenté peu favorable à la culture sur de grandes surfaces. E. Catala est en contact avec des jeunes qui souhaiteraient s’installer. Selon lui, il y a de moins en moins d’exploitants, mais les surfaces cultivées sont toujours les mêmes. Le problème principal de l’agriculture, c’est l’accès au foncier. Nous avons parlé de deux activités, l’une qui lui semble très porteuse en ce moment, celle de paysan.ne boulanger.ère. Il est possible d’avoir un statut d’agriculteur, de cultiver son propre blé et de le transformer. 

L’autre est l’activité de maraîcher.ère, la surface nécessaire à l’activité est peu importante (½ hectare suffit), et au niveau du foncier cela paraît plus accessible. Le Pays Midi-Quercy qui développe un projet alimentaire de territoire l'a repérée comme  étant une activité à développer.